Accompagnement des élèves en difficultés d’apprentissage
rôle du maître
"Agir avec l’apprenant sur les comportements d’apprentissage pour changer l’image du soi"
Le rôle de l’enseignant dans la motivation et l’accompagnement des élèves en difficultés est primordial :
Ce rôle est fondé sur l’approche éducative de l’enseignement, axée sur l’observation et l’analyse des comportements d’apprentissage de l’apprenant (en collaboration avec lui). Cette approche peut, non seulement mener à des changements dans la façon d’apprendre, mais aussi, possiblement, à des changements dans la structure même de la personnalité (C’est l’image de soi qui est atteinte). Cette approche consiste, par le biais des interventions appropriées, à inciter l’enfant à mobiliser de nouvelles stratégies d’apprentissage, à juger son effort, à valoriser son rôle dans l’auto-gestion de son apprentissage et de ses difficultés c’est-à-dire mettre « l’élève au centre de l’action éducative ».
Cela présuppose un certain nombre de conditions :
1. que l’enseignant soit familier avec les stratégies d’apprentissage, leurs caractéristiques et leurs conduites cognitives sous-jacentes ;
2. qu’il soit capable également d’analyser les facteurs et les forces qui tendent à immobiliser l’apprenant et à le paralyser dans des modes d’apprentissage stéréotypés ;
3. qu’il se connaisse bien lui-même comme apprenant afin de pouvoir choisir et adopter des stratégies qui répondent bien à ses besoins selon la situation d’apprentissage ; (il risque de se cantonner à faire apprendre comme il apprend sans plus) ;
4. qu’il soit capable de bien déterminer les démarches cognitives à mettre en oeuvre chez l’apprenant. Pour cela, le questionnement de l’enfant sur ses stratégies d’apprentissage, sur ses démarches, sur les raisons des ses réussites et des non- réussites,... est nécessaire et un outil d’auto-gestion de son apprentissage.
5. qu’il élabore, en collaboration avec l’apprenant, une stratégie d’intervention pour répondre aux objectifs fixés (les besoins de l’enfant). L’entente ne serait assurée sans que l’apprenant ne soit motivé à modifier sa façon d’apprendre. À ce point de vue, la conviction de l’apprenant des limites de ses stratégies d’apprentissage peut bien lui constituer une source de motivation (à changer) ;
6. qu’il sache apporter adéquatement son soutien à l’effort de l’apprenant pour renforcer l’utilisation des stratégies d’apprentissages qu’il veut inculquer. Cela peut être affronter par la résistance à changer, surtout lorsque celle-ci ne se déroule pas telle que prévue ou encore si elle lui demande des efforts supplémentaires, ou s’il vivra des peurs qui l’inciteront à tout remettre en question (en raison de se sécuriser). L’enseignant doit avoir la patience avec les peurs et les résistances de l’apprenant sans bien les considérer comme un affront personnel, mais bien comme une difficulté personnelle de l’apprenant.
7. une tolérance à l’erreur, dans le cadre de »Même le plus compétent commet des erreurs« et »Le droit de l’être humain à l’erreur et l’apprentissage par les obstacles (objectif-obstacle).
L’apprenant qui s’engage peu dans les expériences nouvelles a du monde une vision plutôt menaçante. Le monde étant perçu comme dangereux, il redoute la critique des gens, l’humiliation, le rejet. Dans son esprit, les moindres erreurs peuvent entraîner les pires réprimandes. Il éprouve beaucoup de difficultés à se faire confiance, ce qui l’empêche d’entreprendre de l’inédit. Pour aider cet apprenant, il importe de créer un bon climat de confiance et d’échelonner les apprentissages selon sa capacité... L’enseignant pourrait entamer des conversations en groupe ou individuelle. En salle de classe, il pourrait chercher à impliquer l’apprenant en lui proposant de partager une idée, un sentiment, un point de vue ; il devrait valoriser ses moindres efforts, mettre en relief ses moindres réussites et souligner sa participation. Par ailleurs, il pourrait inviter l’apprenant à citer ses progrès, ses difficultés persistantes, à s’auto-comparer et à couper à se comparer aux autres.
Le déploiement de telles attitudes et de tels comportements métacognitifs pourrait contribuer à faire naître l’attrait à apprendre, l’audace à s’engager dans des expériences, la confiance en soi... la motivation intrinsèque et l’implication personnelle dans l’apprentissage.